Vos pompiers, nos priorités
Interpellez les candidats aux élections provinciales sur les besoins et enjeux réels du métier de pompiers.
Résumé des besoins et des enjeux des pompiers
- Le Québec doit augmenter le nombre de cancers reconnus
- Le Québec doit réduire le nombre d’années d’exposition requises pour qu’un cancer soit reconnu
- Le Québec doit se doter d’un registre provincial des cancers afin de documenter l’étendue du problème chez les pompiers.
- Le Québec doit adopter une législation et des politiques qui reconnaissent par présomption les lésions cardiaques survenues dans les 24 heures d’une intervention comme étant liées au travail.
Aucun autre employé municipal ne sacrifie sa vie comme vos pompiers. Partout dans la province, chaque jour, nous risquons nos vies pour protéger votre propriété et votre famille. Nous le faisons volontairement, avec fierté et honneur, mais aujourd’hui, cela nous tue en plus grand nombre que jamais.
En juin 2022, 25 scientifiques de huit pays se sont réunis au Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) à Lyon, France, pour finaliser leur évaluation de la cancérogénicité de l’exposition professionnelle sur les pompiers.
Les changements dans les types d’incendies, les matériaux de construction, l’équipement de protection individuelle (EPI) et les rôles et responsabilités des pompiers ont entraîné des changements substantiels dans les expositions des pompiers au fil du temps.
L’exposition professionnelle en tant que pompier a été classée comme « cancérogène pour l’homme » (Groupe 1) sur la base de preuve « suffisante » de cancer chez l’homme.
Aujourd’hui, vos pompiers meurent en plus grand nombre que jamais auparavant et le cancer occupationnel est désormais la principale cause.
Les élections sont toujours une occasion pour exprimer nos attentes et visions. Le 3 octobre prochain, les Québécoises et les Québécois seront appelés aux urnes pour choisir le prochain parti politique qu’ils souhaitent voir au pouvoir.
Notre objectif n’est pas de dire pour qui voter, mais plutôt de mettre la lumière sur les besoins de vos pompiers et sur les enjeux sur lesquels nous voulons voir des réels engagements :
1
Les pompiers risquent leur santé en s’exposant, dans le cadre de leur travail, à des substances toxiques ou cancérigènes provenant de la combustion. Bien que le Québec reconnaisse maintenant 9 cancers chez les pompiers, la majorité des provinces et territoires ainsi que plusieurs états américains en reconnaissent beaucoup plus. L’Ontario reconnaît maintenant 19 cancers comme étant directement lié au travail d’un pompier;
Le Québec doit augmenter le nombre de cancers reconnus et être un chef de file dans le domaine.
2
Le Québec exige jusqu’à 20 ans de service comme pompier pour qu’un cancer soit reconnu. Pour certains cancers, c’est aussi peu que 15, 10 ou 5 ans dans d’autres provinces et territoires;
Le Québec doit réduire le nombre d’années d’exposition requises pour mieux représenter les connaissances scientifiques actuelles et la protection offerte aux pompiers à travers le pays.
3
De plus en plus, le monde scientifique s’attarde à explorer les liens qui peuvent exister entre l’exercice de certains emplois et les conséquences qui en découlent sur la santé des travailleurs dans certains milieux. Des études antérieures, dont une étude réalisée par le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH) en 2014, ont mis en évidence un risque accru de certains cancers chez les pompiers par rapport à la population générale. Cependant, les études antérieures n’ont généralement pas inclus un nombre suffisant de pompières et appartenant à des minorités pour tirer des conclusions concernant leur risque de cancer.
De plus, on ne comprend pas entièrement comment le risque de cancer varie selon l’exposition ou parmi les pompiers qui sont plus susceptibles d’être exposés aux produits de combustion provenant de la combustion de matériaux synthétiques.
Le Québec doit se doter d’un registre provincial des cancers afin de documenter l’étendue du problème chez les pompiers. À l’instar de l’adoption de la Firefighter Cancer Registry Act aux États-Unis, le Québec doit recueillir des données détaillées sur l’incidence du cancer chez les pompiers. L’objectif ultime du registre serait de mieux comprendre le lien entre les expositions en milieu de travail et le cancer chez les pompiers, avec le potentiel de fournir une meilleure compréhension du risque de cancer parmi les populations sous-représentées de pompiers.
4
Chez les pompiers, les cancers ne sont pas la seule source de préoccupation. En effet, l’exercice des fonctions de pompiers est propice au développement de certaines maladies cardiaques. Les pompiers passent, dans un très court délai, d’un état de calme relatif en caserne, à un état de stress élevé associé à la situation d’urgence. Sur les lieux d’un incendie, ils sont simultanément exposés à de la chaleur intense, alors qu’ils sont au même moment isolé par leur uniforme de combat, ce qui empêche l’évacuation de cette chaleur, accélère la déshydratation, sans compter le fait que l’uniforme ajoute un poids substantiel aux efforts physiques qu’ils doivent déployer.
Tous ces éléments peuvent conduire à des incidents cardiaques pouvant survenir dans un délai allant de quelques heures à quelques jours suivants les efforts fournis.
Plusieurs provinces et territoires ont récemment ajouté à leur législation une présomption visant les cas de lésions cardiaques chez les pompiers survenant dans les 24 heures après une intervention d’urgence.
Le Québec doit adopter une législation et des politiques qui reconnaissent par présomption les lésions cardiaques survenues dans les 24 heures d’une intervention comme étant liées au travail.
Vous pouvez soutenir vos pompiers en veillant à ce que vos élus sachent que notre santé et notre sécurité font partie de vos priorités durant cette élection.
Merci de protéger ceux qui vous protègent!
Écrivez à votre député
pour que les choses changent.